{"id":214,"date":"2012-07-24T09:20:00","date_gmt":"2012-07-24T09:20:00","guid":{"rendered":"http:\/\/ecrit.magasins-et-commerces.com\/cnc-sauveur-fiction-francaise"},"modified":"2016-03-02T17:22:58","modified_gmt":"2016-03-02T17:22:58","slug":"cnc-sauveur-fiction-francaise","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/scriptdoctor.fr\/boutique\/cnc-sauveur-fiction-francaise\/","title":{"rendered":"Le CNC peut-il sauver la fiction fran\u00e7aise?"},"content":{"rendered":"<p>La production audiovisuelle fran\u00e7aise TV se d\u00e9localise, atteint ses plus bas historiques et pourtant, malgr\u00e9 tous les obstacles dress\u00e9s sur sa route (pas d&rsquo;exportations, <a href=\"\/revenus-recettes-fiction-francaise.html\" target=\"_blank\">peu de diversification de revenus<\/a>, peu de rentabilit\u00e9, <a href=\"\/wga-super-syndicat-auteurs-americains.html\" target=\"_blank\">pas de WGA<\/a>  et la liste est longue), elle continue bon an, mal an \u00e0 suivre son petit bonhomme de chemin. Un paradoxe d\u00fb \u00e0 l&rsquo;exception culturelle fran\u00e7aise et au CNC.<\/p>\n<p><a name='more'><\/a><\/p>\n<h3>Une crise de la fiction fran\u00e7aise qui n&rsquo;en finit pas<\/H3><br \/>\nDepuis des ann\u00e9es, <a href=\"\/crise-de-la-fiction-francaise-finie-ou.html\" target=\"_blank\">la crise de la fiction fran\u00e7aise<\/a> est un marronnier sur lequel tous les acteurs du secteur glosent pour donner de leur voix (votre humble servante y compris). En effet, bien que la production fran\u00e7aise de fiction TV soit plut\u00f4t stable, autour de 750 heures produites ces douze derni\u00e8res ann\u00e9es, elle court loin derri\u00e8re les leaders europ\u00e9ens anglais et allemands et risque sous peu d&rsquo;\u00eatre bient\u00f4t rattrap\u00e9e par des nouveaux entrants dynamiques comme l&rsquo;Espagne dont nous adaptons (cf. <a href=\"http:\/\/www.amazon.fr\/gp\/product\/B004OZRPPU\/ref=as_li_ss_tl?ie=UTF8&#038;camp=1642&#038;creative=19458&#038;creativeASIN=B004OZRPPU&#038;linkCode=as2&#038;tag=highconcep-21\" target=\"_blank\" rel=\"nofollow\"><i>Sc\u00e8nes de m\u00e9nage<\/i><\/a>) ou nous diffusons les productions de plus en plus nombreuses (de <a href=\"http:\/\/www.amazon.fr\/gp\/product\/B007OORIG4\/ref=as_li_ss_tl?ie=UTF8&#038;camp=1642&#038;creative=19458&#038;creativeASIN=B007OORIG4&#038;linkCode=as2&#038;tag=highconcep-21\" target=\"_blank\" rel=\"nofollow\"><i>Grand Hotel<\/i><\/a> \u00e0 <a href=\"http:\/\/www.amazon.fr\/gp\/product\/B0013TMT42\/ref=as_li_ss_tl?ie=UTF8&#038;camp=1642&#038;creative=19458&#038;creativeASIN=B0013TMT42&#038;linkCode=as2&#038;tag=highconcep-21\" target=\"_blank\" rel=\"nofollow\"><i>Un, dos, tres<\/i><\/a>). Et pourtant, pourtant, notre fiction tient debout malgr\u00e9 toutes les plaies et tous ses d\u00e9fauts. Autre paradoxe&nbsp;: \u00e0 force de crier au loup, on aurait presque oubli\u00e9 que si elle continue \u00e0 exister, c&rsquo;est qu&rsquo;elle fait tourner un petit march\u00e9 national de presque un milliard et demi d&rsquo;euros (\u00e9quivalent au march\u00e9 de l&rsquo;horlogerie fran\u00e7aise \u00e0 titre de comparaison).<br \/>\nSa force&nbsp;: notre march\u00e9 la tient d&rsquo;un acteur essentiel, si \u00e9vident qu&rsquo;on l&rsquo;aurait presque oubli\u00e9, le <a href=\"http:\/\/www.cnc.fr\/web\/fr\/etudes\/-\/ressources\/1630765\" target=\"_blank\" rel=\"nofollow\">CNC (Centre National de la Cin\u00e9matographie)<\/a>, qui, \u00e0 lui seul, fait presque tenir debout l&rsquo;exception culturelle TV et pousse au renouvellement de notre production nationale. <\/p>\n<h3>Sans le CNC, pas de fiction TV<\/h3>\n<p>Gr\u00e2ce \u00e0 ses diff\u00e9rents m\u00e9canismes de soutien (<a href=\"http:\/\/www.cnc.fr\/web\/fr\/bilans\/-\/ressources\/1830517\" target=\"_blank\" rel=\"nofollow\">et \u00e0 ses nombreux rapports document\u00e9s mis \u00e0 notre disposition<\/a>), cet acteur majeur nous permet de comprendre comment notre fiction tient la route malgr\u00e9 la multiplicit\u00e9 des signaux d&rsquo;alerte de ces derniers temps.<br \/>\n<b>Un volume de production stable financ\u00e9 \u00e0 80% par les diffuseurs, le reste par le CNC<\/b>&nbsp;: sur la globalit\u00e9 de ce march\u00e9 qui comprend l&rsquo;animation, le documentaire, la fiction et le spectacle vivant, le CNC a investi en 2011 pr\u00e8s de 213,4 M\u20ac (+8,5% sur un an). Les diffuseurs y ont inject\u00e9 de leur c\u00f4t\u00e9 pr\u00e8s de 840,4 M\u20ac  (85% de ce montant \u00e9tant financ\u00e9 par les cha\u00eenes nationales historiques). Les financements \u00e9trangers repr\u00e9sentent quant \u00e0 eux quelques 120,4 M\u20ac (avec une forte hausse en fiction +70%). Enfin les producteurs ont contribu\u00e9 \u00e0 hauteur de 210 M\u20ac. <\/p>\n<blockquote><p>Sur la fiction TV, les chiffres sont encore plus parlants&nbsp;: les cha\u00eenes hertziennes repr\u00e9sentent 88,2% des investissements dans la production de fiction (le groupe FTV comptant pour 51,4%) pour 773 heures annuelles, un chiffre globalement stable depuis une douzaine d&rsquo;ann\u00e9es tournant autour de 750 heures annuelles dues aux quotas de production.<\/p><\/blockquote>\n<ol>\n<h3>\n<li>Qui sont les gagants d&rsquo;un tel syst\u00e8me&nbsp;?<\/h3>\n<ul>\n<li><u><i>Les grands groupes audiovisuels (Lagard\u00e8re &#038; co)<\/i><\/u>&nbsp;: 12 groupes audiovisuels produisent deux tiers du volume global de fiction fran\u00e7aise en 2011. Si l&rsquo;on prend un devis type de fiction, celui-ci est financ\u00e9 par les diffuseurs (pr\u00e9ventes nationales comprises) \u00e0 75% (record historique), le CNC \u00e0 10%, les producteurs \u00e0 10% et les pr\u00e9ventes \u00e0 des diffuseurs \u00e9tranger \u00e0 5%. En r\u00e9alit\u00e9, les 10% mis par les producteurs fran\u00e7ais \u00e9quivalent en fait \u00e0 z\u00e9ro car gr\u00e2ce au syst\u00e8me actuel dont ils b\u00e9n\u00e9ficient (l&rsquo;argent investi facialement sur le plan de financement est r\u00e9cup\u00e9r\u00e9 en fait sur le devis de production dans le salaire qu&rsquo;ils s&rsquo;octroient et\/ou puis\u00e9 sur leur COSIP -compte de soutien automatique financ\u00e9 par le CNC). Du coup, on comprend mieux pourquoi, tant que les diffuseurs continuent \u00e0 commander de la fiction (ils y sont oblig\u00e9s de fait), et que le CNC pousse \u00e0 la consommation (en augmentant sa contribution chaque ann\u00e9e), ces groupes n&rsquo;ont en fait rien \u00e0 craindre et au final, m\u00eame si leurs productions ne s&rsquo;exportent pas ou ne rapportent pas, ils survivent tranquillement en profitant du syst\u00e8me. <\/li>\n<li><i><u>Les auteurs historiques de commande et les stars<\/i><\/u>&nbsp;: comme le d\u00e9non\u00e7aient Fran\u00e7oise M\u00e9nidrey, <a href=\"\/francoise-menidrey-juge-la-fiction.html\" target=\"_blank\">une directrice de casting qui juge avec pessimisme l&rsquo;avenir du march\u00e9 audiovisuel fran\u00e7ais<\/a>, le syst\u00e8me de production fran\u00e7ais tourne en vase clos, recrutant les m\u00eames auteurs et acteurs stars qui rassurent des diffuseurs en qu\u00eate d&rsquo;audiences pour \u00e9crire et jouer dans toujours le m\u00eame type de fictions, <a href=\"\/fiction-francaise-etude-audiences_02.html\" target=\"_blank\">des low concepts centr\u00e9s sur des femmes essentiellement<\/a>, que ce soit en com\u00e9die ou en policier. <\/li>\n<li><i><u>Les nouvelles cha\u00eenes gratuites de la TNT<\/i><\/u>&nbsp;: qui se cachent derri\u00e8re leur petite taille pour ne pas honorer leurs quotas de production originale. Si l&rsquo;apport des cha\u00eenes historiques (TF1, FTV et M6 essentiellement) constitue presque 85% de l&rsquo;apport global investi, celui des cha\u00eenes gratuites se situe \u00e0 environ 2% (dont 0,2% en fiction) alors qu&rsquo;elles repr\u00e9sentent aujourd&rsquo;hui presque 23% de l&rsquo;audience, et 28% du march\u00e9 publicitaire. Certes leur mont\u00e9e en charge dans leurs obligations de financement doit \u00eatre li\u00e9e \u00e0 leur budget global de fonctionnement, mais elles profitent de leur petite taille relative en fait pour s&rsquo;excuser de produire tout court. Cette situation est aussi due \u00e0 notre mod\u00e8le \u00e9conomique intrins\u00e8que de production \u00e0 co\u00fbt horaire \u00e9lev\u00e9. Le co\u00fbt horaire moyen est en effet en augmentation constante depuis 3 ans (on produit de plus en plus cher) \u00e0 973,5 k\u20ac, d&rsquo;o\u00f9 une barri\u00e8re \u00e0 l&rsquo;entr\u00e9e assez flagrante et une bonne excuse pour le coup (ou devrais-je dire le co\u00fbt). Le CNC a beau d\u00e9noncer cette situation, pour l&rsquo;instant, rien ne change (mais que fait notre gendarme audiovisuel&nbsp;?).<\/li>\n<li><i><u>Canal+ et ses filiales<\/i><\/u>&nbsp;: la cha\u00eene crypt\u00e9e qui fonctionne sur un mod\u00e8le payant \u00e0 abonnement a ainsi presque doubl\u00e9 son budget de cr\u00e9ation originale en 2011, pouvant se permettre le luxe de s&rsquo;absoudre d&rsquo;une quelconque pression des audiences tout en calquant son mod\u00e8le \u00e9conomique sur sa jumelle am\u00e9ricaine HBO. \u00c0 part quelques unitaires de prestige command\u00e9s aux stars fran\u00e7aises sur un mode de production cin\u00e9ma, le reste de la production originale de la cha\u00eene est fond\u00e9 sur le mod\u00e8le \u00e9conomique de la coproduction internationale qui lui permet de diviser par deux son investissement et de s&rsquo;ouvrir les march\u00e9s de ventes de programmes internationaux avec des fictions tourn\u00e9es en anglais. Ses productions peuvent-elles alors toujours s&rsquo;abriter sous le label <i>fiction fran\u00e7aise<\/i>, \u00e7a c&rsquo;est une autre histoire.<\/ul>\n<\/li>\n<h3>\n<li>Qui sont les perdants d&rsquo;un tel syst\u00e8me&nbsp;?<\/H3>\n<ul>\n<li><u><i>Les producteurs ind\u00e9pendants<\/i><\/u>&nbsp;: si leurs confr\u00e8res qui appartiennent \u00e0 des groupes ont souvent n\u00e9goci\u00e9 des deals avantageux qui leur garantissent des quotas de production annuels, les petits producteurs ind\u00e9pendants d\u00e9pendent de la bonne volont\u00e9 des diffuseurs. Ils se trouvent ainsi \u00e0 la merci d&rsquo;une annulation, ou d&rsquo;une non-reconduction de s\u00e9rie qui les condamnent g\u00e9n\u00e9ralement \u00e0 la banqueroute (environ 60 soci\u00e9t\u00e9s de production de fiction actives en 2009 ne l&rsquo;\u00e9taient plus en 2010). Ce sont en g\u00e9n\u00e9ral des TPE qui produisent quelques fictions par an, essentiellement des unitaires. Paradoxalement, ce sont eux qui investissent le plus en amont (pour d\u00e9crocher des commandes) et qui prennent le plus de risques pour proposer des projets innovants alors qu&rsquo;ils sont rarement choisis du fait de leur taille pour les assumer. Ils doivent alors faire des alliances avec de plus grands groupes quand ils le peuvent qui leur coupent en \u00e9change de leur ombre bienveillante, leur retour sur investissement en leur laissant des miettes sur le budget de production. <\/li>\n<li><i><u>Les nouveaux entrants du sc\u00e9nario, les cr\u00e9ateurs de fiction et les acteurs peu connus<\/i><\/u>&nbsp;: comme le march\u00e9 est trust\u00e9 par les stars, il est ainsi particuli\u00e8rement difficile de travailler dans de bonnes conditions lorsqu&rsquo;on est d\u00e9butant. Le manque de confiance global et le manque d&rsquo;opportunit\u00e9s professionnelles (peu de d\u00e9bouch\u00e9s) ne favorise ni l&rsquo;innovation, ni le renouvellement des th\u00e9matiques trait\u00e9es. Le syst\u00e8me actuel favorise au contraire le connu et la reproduction, ne permettant aux nouveaux entrants que de vivoter sur des projets low costs \u00e0 des conditions tarifaires parfois choquantes (pas toutes mais beaucoup&#8230;). De m\u00eame, les cr\u00e9ateurs de projets originaux (except\u00e9 quelques stars fran\u00e7aises ou \u00e9trang\u00e8res) se trouvent l\u00e9s\u00e9s dans un syst\u00e8me global de commande o\u00f9 les diffuseurs averses au risque dictent leurs r\u00e8gles pour rester dans l&rsquo;h\u00e9g\u00e9monie d&rsquo;une fiction f\u00e9d\u00e9ratrice, le plus souvent pomp\u00e9e (adapt\u00e9e ou inspir\u00e9e) sur des projets <a href=\"\/tf1-defaite-audience-lundi-comedie.html\" target=\"_blank\">d\u00e9j\u00e0 faits<\/a> par d&rsquo;autres pays plus ambitieux. <\/li>\n<li><i><u>Les t\u00e9l\u00e9spectateurs<\/i><\/u>&nbsp;: habitu\u00e9s \u00e0 ronronner devant leur fiction nationale qui leur convenait tr\u00e8s bien, ont vite appris \u00e0 faire la diff\u00e9rence avec l&rsquo;introduction de la fiction am\u00e9ricaine. D&rsquo;ailleurs, le TOP 100 des audiences 2011 est frappant. TF1 s&rsquo;arroge la premi\u00e8re place avec 99 des 100 meilleurs scores, le <i>Mentalist<\/i> d\u00e9croche 26 records avec un tir group\u00e9 entre la cinqui\u00e8me et la seizi\u00e8me place, <i>Doctor House<\/i> occupe encore 21 places, juste devant <I>Esprits Criminels<\/i> avec 20 places. Si l&rsquo;on ajoute <i>Les Experts<\/i> et <i>Grey&rsquo;s Anatomy<\/i>, les s\u00e9ries am\u00e9ricaines ont assur\u00e9 \u00e0 TF1 72 places sur 100 avec 41 dans les 50 premi\u00e8res places. Il n&rsquo;y a pas une place pour notre fiction nationale, fait unique en Europe.<\/ul>\n<\/li>\n<h3>\n<li>Ce qui va changer<\/H3>\n<ul><lI><i><u>Les cha\u00eenes hertziennes, qui produisent pourtant 85% de notre production nationale originale, non seulement perdent de l&rsquo;audience, mais produisent d\u00e9sormais \u00e0 perte ce type de contenu<\/i><\/u>. Tant que les audiences suivaient, la fiction fran\u00e7aise ne rapportait pas d&rsquo;argent par exemple, mais elle n&rsquo;en faisait pas perdre non plus. Or, depuis l&rsquo;arriv\u00e9e des nouvelles cha\u00eenes gratuites, la multiplicit\u00e9 de l&rsquo;offre de ces 25 futures nouvelles cha\u00eenes conduit inexorablement \u00e0 un nouveau partage du g\u00e2teau et ce sont les programmes les plus faibles qui trinquent&nbsp;: ci-nomm\u00e9e la fiction fran\u00e7aise, pourtant genre le plus pris\u00e9 du public. Cette ann\u00e9e, les d\u00e9penses de TF1, France 2 (\u00e0 son plus bas historique depuis 1997), France 3 (anormalement boost\u00e9e par <i>PBLV<\/I> qui occupe 50% de son investissement) et M6 (dont les formats courts repr\u00e9sentent 80% du budget fiction) baissent. Ren\u00e2clant de plus en plus \u00e0 honorer leurs quotas de fiction, les cha\u00eenes priv\u00e9es (TF1 et M6) tentent de ren\u00e9gocier leurs obligations \u00e0 la baisse, tout en taclant le groupe Canal+ via des groupes de pression sur l&rsquo;autorit\u00e9 de la Concurrence (cf. r\u00e9ticences \u00e0 autoriser le rachat de Direct8 et Direct Star et la fusion Canalsat-TPS), tandis que FTV qui a du mal \u00e0 se remettre de la suppression de la publicit\u00e9, diminue ses nouveaux investissements. <\/lI><lI><u>Une r\u00e9forme du soutien \u00e0 la production pour le CNC<\/U> va subventionner les nouvelles s\u00e9ries avec un syst\u00e8me de bonification en fonction du format (avantage aux s\u00e9ries longues) et du co\u00fbt (avantage aux s\u00e9ries les moins couteuses). Le syst\u00e8me tente de promouvoir une fluidification du syst\u00e8me de commande des cha\u00eenes (qui devrait se faire moins au cas par cas) pour favoriser les exportations et l&rsquo;augmentation de la production. Cette incitation va de pair avec une diminution du soutien des oeuvres install\u00e9es (et donc rentables comme <i>PBLV, Sc\u00e8nes de m\u00e9nage<\/i> ou encore <i>Section de recherches<\/i> par exemple). Le soutien sera d\u00e9gressif en fonction des minutes produites. L&rsquo;apport total de cette r\u00e9forme conduit le CNC \u00e0 augmenter de fait de 10% son soutien \u00e0 la fiction fran\u00e7aise. De m\u00eame, le CNC a pr\u00e9vu une aide pour le d\u00e9veloppement des programmes WEB, avec un COSIP d\u00e9di\u00e9 permettant aux producteurs de disposer d&rsquo;un apport de plus d&rsquo;un million d&rsquo;euros en compl\u00e9ment des apports diffuseurs. <\/ul>\n<\/li>\n<h3>\n<li>Quelles cons\u00e9quences pour la fiction fran\u00e7aise&nbsp;?<\/H3>Il est fort \u00e0 parier qu&rsquo;\u00e0 force de perdre de l&rsquo;argent sur la production de fiction, les bailleurs de fonds de la fiction fran\u00e7aise se r\u00e9organisent pour restructurer la fili\u00e8re tout enti\u00e8re. De m\u00eame, le CNC, vigilant sur sa politique de soutien, tente d&rsquo;orienter \u00e0 la recherche d&rsquo;innovations tant sur les formats que sur les contenus.\n<ul>\n<li><u> Une limitation des co\u00fbts sur TF1 et M6<\/u>&nbsp;: <a href=\"\/ficam-delocalisation-production.html\" target=\"_blank\">d\u00e9localisations<\/a>, <a href=\"\/coproduction-internationale-fiction.html\" target=\"_blank\">coproductions internationales<\/a>, <a href=\"\/hd1-tf1-renouveau-fiction-francaise.html\" target=\"_blank\">s\u00e9ries longues<\/a> et <a href=\"\/format-court-series-tv.html\" target=\"_blank\">formats courts<\/a> vont \u00eatre les ma\u00eetres mots de l&rsquo;investissement des cha\u00eenes priv\u00e9es hertziennes en mati\u00e8re de fiction. <\/lI><lI><u>Une r\u00e9organisation de fond de France T\u00e9l\u00e9vision avec une prime \u00e0 l&rsquo;innovation<\/u>&nbsp;:\n<ul><Li>France 2 r\u00e9fl\u00e9chit \u00e0 la r\u00e9organisation de sa case du vendredi soir et favorise le retour \u00e0 une politique d&rsquo;unitaire pour revenir au niveau de 2005, soit 40%. <\/lI><lI>France 3 s&rsquo;inscrit enfin dans une r\u00e9flexion globale qui devrait aboutir en septembre prochain. <\/li>\n<li>France 4 se dote d&rsquo;un budget fiction de 5 M\u20ac afin de monter en gamme et cr\u00e9er des projets innovants. Un projet de fiction en 26&prime; est d\u00e9j\u00e0 dans les tuyaux. <\/li>\n<li>ARTE continue son investissement dans la fiction (+40% par rapport \u00e0 2010) sur des s\u00e9ries tout format innovantes. <\/li>\n<\/ul>\n<li><u>Le d\u00e9veloppement de s\u00e9ries longues low cost pour la TNT gratuite<\/u>&nbsp;:\n<ul>\n<li>NRJ 12 et Ch\u00e9rie HD se sont associ\u00e9es pour pr\u00e9-acheter la s\u00e9rie polici\u00e8re <i>Burn Out<\/i> actuellement en tournage sur une premi\u00e8re saison de dix \u00e9pisodes de 52&prime;. <\/lI>\n<li>NRJ 12 fera aussi revenir sa s\u00e9rie de quatre \u00e9pisodes de 52&prime;, <i>L&rsquo;\u00e9t\u00e9 o\u00f9 tout a bascul\u00e9<\/i> pour une saison 2. Elle planche de m\u00eame sur un soap quotidien (cent \u00e9pisodes de 22&prime; au budget riquiqui) centr\u00e9 sur la musique&nbsp;: deux projets sont encore en comp\u00e9tition. <\/li>\n<li>TMC renouvelle quant \u00e0 elle <i>Les myst\u00e8re de l&rsquo;amour<\/I> pour une deuxi\u00e8me saison. <\/uL><\/lI><lI><u>Des s\u00e9ries comiques en 26&prime; sur le c\u00e2ble<\/u>&nbsp;: la cha\u00eene Com\u00e9die+ avait d\u00e9j\u00e0 produit trois s\u00e9ries de 15 \u00e9pisodes de 26&prime; avec <i>United Colors of Jean-Luc<\/i>, <i>Miko &#038; Cartman ne foutent rien<\/i> et <i>La chanson du dimanche<\/i>. Elle va continuer sur ce rythme avec notamment <i>C&rsquo;est la crise<\/i>, fiction centr\u00e9e sur Anne Roumanoff, ou \u00e9ventuellement la reconduction de <i>Hero corp<\/i> pour une saison de plus. <\/ol>\n<\/li>\n<\/ul>\n<p><H3>Que retenir&nbsp;?<\/h3>\n<p>Si les changements \u00e0 venir sont porteurs de bonnes nouvelles pour la production de fiction, ils prendront peut-\u00eatre du temps. Le salut de la fiction fran\u00e7aise tant esp\u00e9r\u00e9e viendra ainsi s\u00fbrement comme pour sa consoeur am\u00e9ricaine de ceux-l\u00e0 m\u00eames qui l&rsquo;avaient pourtant cantonn\u00e9e \u00e0 un contenu artistique pauvre servant tout juste de bouche-grille. Esp\u00e9rons de toutes les fa\u00e7ons qu&rsquo;il y aura une prime au changement. Qu&rsquo;en pensez-vous&nbsp;?<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La production audiovisuelle fran\u00e7aise TV se d\u00e9localise, atteint ses plus bas historiques et pourtant, malgr\u00e9 tous les obstacles dress\u00e9s sur sa route (pas d&rsquo;exportations, peu de diversification de revenus, peu de rentabilit\u00e9, pas de WGA et la liste est longue), elle continue bon an, mal an \u00e0 suivre son petit bonhomme de chemin. 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